31.08.2008

In Rainbows - Radiohead

Je dois bien l'avouer, même si je n'ai jamais remis en doute l'incroyable talent dont font preuve les artistes du groupe Radiohead, je n'avais jusqu'alors jamais tellement accroché à leur style. Pourtant, quelques années après ma dernière expérience Radiohead, j'ai décidé de réécouter leurs précédents albums, et ce fut un choc, une véritable claque. Ainsi, il était évident que je devais me procurer leur dernier album en date, "In Rainbows".

 Dès le premier morceau, je me suis laissé emporté par cette musique d'une richesse hallucinante, jouant avec diverses gammes sonores et en évolution permanente. Comme à son habitude, Tom Yorke s'amuse à composer des morceaux en ne suivant que son instinct, et en perdant le fil logique de quelconque structure musicale. Il en résulte une composition ne laissant jamais la routine s'installer au sein du texte, aussi bien que de la mélodie. La musique de Radiohead évolue constamment, et se moque allègrement des normalités auxquelles se réfère une grande majorité de groupes. Le schéma Paragraphe 1 > Paragraphe 2 > Refrain > Paragraphe 1 > Interlude > Paragraphe 2 > Refrain X 3, par exemple, est totalement absent du langage musical du groupe anglais. Mélodies et textes parviennent à surprendre tout au long de l'écoute, et donnent un côté organique à l'aura musicale que cet album dégage.

 In Rainbows est probablement l'oeuvre signée Radiohead la plus sincère, la plus immédiate, et la plus "accessible" de toutes, ce qui ne l'empêche à aucun moment de savoir se montrer riche, complexe et touchante. L'écoute de ce CD doit à tout prix se faire à l'aide d'oreillettes ou d'un casque stéréo de qualité, et si possible, les yeux fermés ; car, oui, il s'agit d'un album planant, de ceux qui savent faire voyager, et qui transportent l'auditeur dans un véritable trip.

En résumé, In Rainbows démontre que Tom Yorke et ses amis sont encore en mesure, plus de vingt ans après leur fondation, de bouleverser le monde du rock progressif et de la pop-électro comme nul autre groupe ne saurait le faire.

20.03.2008

[Retro] Heart Of Darkness

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HEART OF DARKNESS

Amazing Studio 

PS1/PC (1998)

Aventure/Plate-forme/Réflexion

1 Joueur

 

Développé par les français de (feu) Amazing Studio, et seule production de ce dernier, Heart Of Darkness aura marqué plus d'un joueur à sa sortie de part son ambiance hors du commun, et sa réalisation graphique somptueuse. Game designé par le grand Eric Chahi, à qui l'on doit également l'un des jeux 2D précurseurs du genre Aventure, j'ai nommé le cultissime Another World, HOD est considéré comme l'une des perles de ce même genre si peu représenté de nos jours. Dôté d'une animation fabuleuse, d'une réalisation graphique superbe, d'un level design inspiré, et de la première bande musicale entièrement orchestrale en date dans l'histoire du jeu vidéo, il a su laisser une empreinte indélébile comme seuls les plus grands jeux sont en mesure de le faire, et reste encore aujourd'hui un véritable grand moment vidéoludique, à vivre et revivre sans modération.

 La trame narrative est simple, mais efficace, et met en scène des personnages attachants et un univers pour le moins captivant. Vous incarnez Andy, probablement la dizaine, voire douzaine, qui comme la plupart des garçons de son âge, aimerait pouvoir passer ses après-midis à gambader dehors plutôt que d'assister aux cours d'un maître d'école quelque peu aigri. C'est donc après que la sonnerie de l'école ait retenti, au cours d'un après-midi assez spécial puisqu'une éclipse solaire va pouvoir être observée, qu'Andy et son chien Whisky se rendent au parc afin d'assister à cet évènement si rare. Tout se déroule pour le mieux jusqu'au moment où Whisky se fait mystérieusement happer par les ténèbres ayant soudainement surgi de l'éclipse. La séparation est insoutenable pour Andy. Revenu en courant à sa maison, il grimpe dans sa cabane, et prépare son voyage vers l'inconnu. Commence alors une aventure, une vraie, de celles qui portent un grand A majuscule et captivent de bout en bout.

Dès les premières minutes de jeu, une fois la très jolie cinématique d'introduction passée (assez épatante pour un jeu de 1998), le premier sentiment qui m'est venu est un sentiment de fraîcheur. Un véritable charme se dégage instantanément de HOD, que seuls les jeux de l'époque, et particulièrement ceux réalisés en 2D, savaient transmettre. On a ici droit à un mélange subtil entre 2D et 3D. Les personnages sont des sprites 2D, tous superbement animés, tandis que les décors alternent habilement entre 2D et 3D. L'intégralité du jeu se déroule en scrolling (défilement de l'écran de gauche à droite, et haut en bas, et vice et versa), bénéficiant d'un level design très soigné, et toujours intéressant à parcourir. Comme je l'ai mentionné auparavant, la réalisation graphique est d'une immense beauté, même encore aujourd'hui, grâce à des tableaux 2D dignes de véritables artworks. Par-dessus tout cela vient s'ajouter la très jolie bande musicale, composée et dirigée par Bruce Broughton (à l'origine de la bande musicale de plusieurs dessin-animés Disney, et de la série Tv Jeremiah). Cet ensemble fait de HOD une expérience, à mon humble avis vraiment marquante, et croyez moi, je suis loin d'être le seul ! Si je devais désigner ce jeu en un seul mot, ce serait "attachant". Je tiens néanmoins à préciser que la difficulté du jeu est parfois assez élevée (rien de comparable à certains Metal Slug, rassurez vous), surtout vers la fin, et que donc, certains d'entre vous risquent d'y laisser quelques nerfs, mais rien de bien grave. 

L'expérience qu'offre HOD est comparable à un cauchemard, vécu par un enfant. Les morts d'Andy ne sont jamais douces, mais souvent brutales voire parfois "gores", et les moindres instants de réconfort trouvent immédiatement un contre poids dans le chaos et la violence. Et c'est bien là que réside l'intelligence du game design d'Eric Chahi et de ses compères : un cauchemard est une expérience désagréable, dans laquelle les tentatives de fuite sont immédiatement réprimées par une surenchère dans la violence et le malaise. Le sujet est d'autant plus touchant que le point de vue par lequel est perçu cette expérience est celui d'un enfant, et donc la plupart de ses angoisses y sont exprimées de manière explicite : la mort, la perte de l'être cher, la peur de l'inconnu, et fondamentalement, la peur du noir, des ténèbres. HOD s'apparente donc dans le fond à une métaphore du cauchemard infantile, et défi le joueur en lui donnant pour challenge d'extraire Andy de cette expérience terrifiante. Un réel retour à l'enfance, en quelque sorte. Le jeu n'est pas pour autant dépourvu d'humour et de burlesque, loin de là. Disons que l'ensemble est contrasté, toujours mitigé, parfois comique, parfois cynique.

 En résumé, il s'agit pour moi d'une petite perle du genre Aventure, et qui malgré son âge, reste toujours aussi d'actualité. Ce qui d'un côté est assez alarmant quand on voit que dans le fond, la production actuelle appartenant au même genre n'a pas tellement évolué en terme de game design. Heureusement, les talentueux p'tits gars de chez Crystal Dynamics (Gex, Soul Reaver, Tomb Raider Legend, Tomb Raider Anniversary...) semblent décidés à lui offrir un véritable coup de boost avec le prochain volet des aventures de Lara Croft, intitulé Tomb Raider Underworld.

 En attendant, je vous propose d'aller visionner la cinématique d'introduction de HOD, une séquence gameplay, afin de mieux vous faire une idée du jeu, ne serait-ce que visuellement, et enfin, un petit making-of bien sympa. En bonus, un article sur l'oeuvre complète d'Eric Chahi, comprenant une interview très instructive. Enjoy !

 


 

11.03.2008

[Fanfic] Shadow Of The Colossus

medium_Banniere.jpgShadow Of The Colossus est probablement le jeu qui m'ait le plus marqué jusqu'alors. A mes yeux, bien plus qu'un simple jeu : une expérience à part entière. Inoubliable. De celles qui vous marquent au plus profond de vous-même. Tenter de décrire le jeu, son univers et son histoire par des mots est inutile. Il faut le vivre, le voir, l'entendre pour comprendre qu'il s'agit là d'une expérience vidéoludique hors-normes, d'une audace folle et à l'aura fabuleuse. Créé par la même équipe à qui l'on doit le non moins sublime Ico, paru en 2001 et malheureusement ignoré par une majorité de joueurs.
C'est donc l'esprit empli de pensées et d'émotions, juste après avoir terminé le jeu, que je me suis lancé dans la rédaction d'un texte qui serait en mesure de retranscrire l'expérience que je venais d'achever. Toutes sortes de sentiments fusaient alors en moi... tristesse, mélancolie, nostalgie, joie, incompréhension,... J'espère ainsi que ce texte saura vous les convier.
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« Prélude à la Solitude »

Rêve? Illusion ? Nul ne saurait le dire.

Pourtant... ce monde... je suis certain de l'avoir vu... oui, j'en suis certain, je l'ai même ressenti.

Ce n'est qu'une aube, ce n'est plus qu'une parcelle de lumière reflétant l'immensité, l'infini, l'abandon... Je ne sais plus. Des paysages se dressent tels des tableaux, mais jamais ne se figent, dévoilent leur majesté, le temps s'est-il arrêté ? Non, c'est impossible... ces immenses plaines, ces vestiges,... un pont ! Image d'une illusion sans fin, se prolonge jusqu'au dernier soupir de l'air pur me traversant... Je ne saurai dire.

Suffisance d'un instant, espoir d'une errance dont le berceau m'est inconnu, envie d'une nouvelle transcendance,... le calme se morfond au travers de mon âme, ce sombre esprit serait donc t-il si triste?

Je ne saurai dire. J'ai vu..., vu, sans cesse me rappellent ces visions esseulées, la dernière danse salvatrice d'un espoir fou, une ambition sans précèdent, la nostalgie me submerge, je sais que tu étais là. Qu'attends tu? L'existence désormais me déplore, emmène moi à nouveau, n'attend pas. Rien ne saurait me rattraper avant l'envol. Déchaînées, multitudes de divines puissances tentent de me retenir,l a finalité ne prendra alors pour force vitale qu'une libération compulsive, aveugle...meurtrière. Qu'importe.

Une mélodie immortelle me rattache à tes longs sommes douloureux, expirant la vague brumeuse d'une atmosphère néanmoins dorée. Ta présence m'avait envahit, enivré... le doute se prépare, les songes expirent leur souffle de marbre... non, tu n'étais plus avec moi, tu ne l'avais jamais été, tu ne le sera jamais : le dur ressentiment d'un instant vécu me gagne. Tu n'es donc qu'espace... les heures, les minutes et les secondes te font souffrir, laisse moi partager ta peine, c'est par reconnaissance que j'implore le temps de t'épargner. Pourtant te restera t-il un souvenir, le mien, je serai alors ton unique rêveur, ton seul passeur vers l'au-delà, j'accompagnerai l'air dans son élancée vitale afin de t'apporter l'existence même. Tu n'auras plus que moi, les longues fuites diagonales s'enchevêtrant avec les effilées perpendiculaires jusqu'à ce que l'horizon ne se distingue plus par delà tes formes sublimes. Tout ne sera plus que perception, sensation, le temps incapable de graver à la plus douce roche son essence malsaine, finira par se dissiper dans l'infini.

Connais tu mon nom? Je ne connais pas le tien. Tels deux inconnus nous nous livreront à l'échappée magnifique.

Sa superbe crinière... son allure si sobre, son amitié émane encore des courants solitaires de mon cœur, sa grâce a touché mon regard, a laissé au plus profond de mon âme la désuète impression d'un aller sans retour. Pourtant je suis revenu, après être parti avec toi, c'est à présent que je souhaite te rejoindre parmi les nimbes perverses d'une obscurité aveuglée. Tu étais là. Merveilleux compagnon, j'ai à l'esprit ce que ton cœur m'a offert, et c'est bien plus qu'un simple nom qui désormais assemble ses nobles intentions. Tu étais là. Comment te remercier, que puis-je exprimer vis-à-vis de toi Ô robuste et majestueux destrier, ami perdu dans la complaisance la plus noble de cet univers si terne. Redonne la lumière aux ombres évanouies dans l'oubli, tolère l'émancipation des esprits moroses, à nouveau, redonne moi goût au voyage, un voyage digne d'une vie, qui génère l'apogée exquise des plus beaux sentiments. Seul toi saura où m'emmener, seul toi marquera mon cœur par un interlude, rendant hommage aux plus beaux ombrages de la Lune, aux plus chaleureux rayons du Soleil, à la plus belle aurore boréale que le Ciel puisse dessiner. Que ressentir avec toi?... Je suis perdu, étouffé par une marée de sentiments, propice aux plus somptueux instants que la vie soit en mesure de m'apporter. Allongé sur les lombes véloces de ta cambrure, caressé par les fines agitations de ta crinière, la vie ni les ténèbres ne m'atteignent, seule l'impression de ressentir la moindre brise voluptueuse m'insuffle une énergie apte à me porter vers les anges des brumes aériennes. Plongée dans l'élégante trainée d'un noir affolé, à la manière de ta silhouette nonchalante, ta valeureuse pensarde escalade le sommet du plus attentionné de mes regards. Viens mon ami, partons, emmène moi le plus loin possible, galope jusqu'à en perdre haleine, la nature même ne pourra contrer notre avancée faramineuse, nul linceul ne viendra recouvrir notre berceau, dès lors, nous serons invulnérables, seule la vie saura trouver le chemin de notre prometteuse destinée. L'astre blafard de nos pensées vertigineuses viendra éclairer les nuits les plus assombries. Ta grâce et ta rapidité seront à même d'élucider le mystère du plus profond des gouffres. Ne restera pour preuve de notre existence que les roches éclaircies, les plaines bordées d'une verdure éclatante, les voutes renforcées des plus frêles architectures, les moues remuantes des plus faibles ruisseaux, l'espoir enrichi des êtres les plus apeurés. Nous vivrons, je te le promet, nous serons énergie, nous serons faciès de l'espoir, nous serons vie, nous ressentirons. Que les frontières les plus entêtées délaissent leur vaine résistance, nous serons là, il ne peut en être autrement. Je serai à tes côtés, et tu sera aux miens... L'équilibre même des plus détonants échos sera bouleversé par le seul son de ma voix, qui s'efforcera alors de faire vibrer le Ciel, le pointant de ses tremblants accords, jusqu'à ce que ce dernier fasse retentir jusqu'à l'Olympe la mélodie de ton nom, l'écho de mon inspiration : Agro.